Une fin d’année chargée !

Les défis ne manquent pas dans la présente conjoncture et déjà plusieurs activités s’annoncent pour le début de 2018.

Par Ann Gingras, présidente

Nous le savons, le phénomène des pénuries de main-d’œuvre frappe les différents secteurs économiques. Nous en sommes à organiser, avec la collaboration d’Isabelle Vaillancourt, conseillère à la Fédération du commerce, une journée de réflexion qui réunira les syndicats de la région afin de faire le point. Les travailleuses et les travailleurs sont confrontés au quotidien aux conséquences découlant de cette pénurie, et ce, peu importe le secteur d’activités. Heures supplémentaires obligatoires, refus des vacances, refus des congés, équipes de travail incomplètes, tout cela entraine des problèmes de santé-sécurité au travail et d’épuisement professionnel. Nous devons impérativement trouver des pistes d’action, pour permettre aux syndicats de cheminer et de faire les représentations nécessaires auprès de leurs employeurs afin de soutenir leurs membres.

La prochaine assemblée générale se tiendra le 8 février 2018 à l’Hôtel Classique et nous vous demandons de l’inscrire à votre agenda. Plusieurs sujets sont prévus à l’ordre du jour et vous recevrez sous peu la convocation.


Journée thématique en santé-sécurité au travail

Les préparatifs vont bon train pour notre prochaine journée thématique en santé-sécurité au travail qui se tiendra le 28 février 2017. Cette journée, préparée en collaboration avec les personnes conseillères à la défense en santé-sécurité au travail, se tiendra sous le thème « Présentéisme et cannabis : des sujets brûlants ».

Le « présentéisme » est un fléau qui afflige le monde du travail en étant souvent le fruit de pratique patronale cherchant à réduire les coûts liés aux absences. Plutôt que de travailler en amont pour prévenir les causes d’absences, les employeurs s’acharnent sur les personnes salariées, rendues vulnérables pour les contraindre à revenir au travail, même malades. Quels sont les effets sur les travailleuses et les travailleurs, les effets sur le milieu de travail, que pouvons-nous faire ? Avec la légalisation imminente du cannabis, déjà nous sommes interpellés par des syndicats qui questionnent les effets sur le milieu du travail alors que plusieurs confondent « légalisation » avec « droit d’utilisation en tout temps et partout ». Les employeurs s’organisent et dans ce cadre, quels seront nos droits et les responsabilités des syndicats ? C’est de tout cela et même plus que nous traiterons avec des invité-es lors de cette journée qui est à ne pas manquer.


Le 3 décembre dernier, plusieurs centaines de personnes ont participé à une marche régionale en solidarité avec les travailleuses et les travailleurs de la Davie. (Photo : courtoisie)

Chantier Davie, une injustice avec une forte odeur de scandale

Finalement, je ne peux conclure sans vous parler d’une grande injustice que vit la région, voire le Québec, depuis six ans. Le chantier naval Davie s’est vu exclure des contrats fédéraux totalisant 33 milliards de dollars accordés par le gouvernement conservateur en 2011. De ce montant, 26 milliards sont allés au chantier Irving situé à Halifax et 8 milliards au chantier Seaspan à Vancouver. C’est un véritable scandale qui se joue derrière des portes closes à Ottawa, car de surcroît ces deux chantiers ont reçu des fonds publics pour agrandir et améliorer leurs installations afin de les moderniser. Cela était pourtant interdit dans le processus initial de soumissions. Le gouvernement Trudeau ferme les yeux là-dessus !

À ce jour, aucun navire n’a été livré par les chantiers Seaspan et Irving. Pourtant, le brise-glace pour la garde-côtière, le Diefenbaker, devait être complété pour 2017 au coût de 750 millions de dollars. La réalité est toute autre. Les travaux n’ont même pas débuté et on projette sa livraison pour 2021 au coût de 1,3 milliard de dollars, alors que nos brise-glaces en service sont en fin de vie utile avec une moyenne d’âge de

40 ans. C’est aussi de notre argent qu’il est question ! Quant au chantier Seaspan de Vancouver, il doit livrer deux navires de ravitaillement pour 2021 et 2023 au coût de 2,6 milliards. Les travaux n’ont pas débuté et on nous parle maintenant, d’un report de livraison à 2026 ou 2027 avec un budget de 4 milliards de dollars.

Pour sa part, le chantier Davie a réalisé un exploit sans précédent en transformant un porte-conteneur en navire de ravitaillement de haute technologie au coût prévu de 650 millions et dans des délais impartis, permettant ainsi une économie de 2 milliards de dollars aux contribuables canadiens, tout en offrant au gouvernement d’en construire un deuxième dans les mêmes conditions. Cependant, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, déclarait dernièrement que nous n’avons pas besoin de ce deuxième navire, alors que ça fait déjà trois ans que nous n’avons plus de navires de ravitaillement fonctionnels. L’Astérix prendra bientôt le large pour desservir la côte Est canadienne. Ce qu’il y a d’ironique, en attendant que le chantier Seaspan livre ses navires en 2026, ce sont des navires espagnols et chiliens qui desserviront la côte Ouest.

Pour ce qui est des 26 milliards de contrats octroyés au chantier Irving, ils sont maintenant évalués à 61 milliards avec des retards majeurs dans l’échéancier de construction. Ça aussi c’est notre argent en tant que contribuables.

Pendant ce temps-là, ce sont 116 personnes qui ont été mises à pied au chantier Davie. La semaine prochaine, il y en aura de 300 à 400 de plus et si rien n’est fait, nous en serons à 800 mises à pied avant les fêtes. C’est une honte ! Les chantiers Seaspan et Irving sont tellement gavés qu’ils donnent en sous-traitance des contrats à des entreprises basées en Roumanie et en Turquie. Le gouvernement fédéral garde toujours les yeux fermés !

C’est dans ce contexte malsain, que nous menons campagne, non pas pour de la charité ni pour des cadeaux électoraux, mais pour notre juste part, un traitement équitable. Ce gouvernement ne cesse de répéter que ce n’était pas lui qui a pris la décision en 2011, mais bien les conservateurs de Stephen Harper. Je veux bien, mais aujourd’hui, il a le pouvoir de corriger cette injustice profonde et non la perpétuer. Nous n’attendons rien de moins et nous avons l’intention d’interpeller chacune et chacun des 41 député-es fédéraux du Québec. À notre avis, ils sont beaucoup trop silencieux comme le premier ministre Trudeau d’ailleurs.

Cinquante pour cent de la capacité de production des chantiers navals est ici à Davie. C’est le plus gros chantier maritime au Canada et le meilleur chantier naval en Amérique du Nord, selon la Lloyd’s List. Pourtant, c’est l’équivalent de 1 % des contrats qui sont accordés chez nous par le gouvernement fédéral. Jamais nous ne lâcherons le morceau !

Au nom du comité exécutif du conseil central, je vous souhaite, à tous et toutes, un heureux temps des fêtes !  


Extrait du numéro de décembre 2017 du journal Le Réflexe