Les grévistes du Hilton s’installent sur la rue St-Jean

Les grévistes du Hilton se sont installés au 778 rue Saint-Jean

Les grévistes du Hilton s’installent sur la rue St-Jean

Dimanche dernier, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Hilton-Québec (CSN) a ouvert un local de grève au 778 rue Saint-Jean.

En grève depuis le 7 septembre dernier, les syndiqués avaient d’abord installé une roulotte sur le boulevard René-Lévesque, juste en face de l’hôtel. L’arrivée de l’hiver a toutefois rendu l’installation de plus en plus précaire. L’espace restreint posait des enjeux de déneigement et rendait le trottoir impraticable pour les personnes à mobilité réduite. De plus, les fils électriques étant enfouis à cet endroit, il nous était impossible d’installer l’électricité dans la roulotte.

« Il a fallu chercher une alternative.  Alors quand on a trouvé ce local, on a décidé de déménager », explique Louise Jobin, présidente du syndicat. « Le seul désavantage est que les gens n’ont plus de musique sur la ligne de piquetage et qu’on est un peu plus loin, » explique-t-elle.

En contrepartie, les grévistes peuvent venir se réchauffer au local et venir y manger. « Ici il y a l’eau courante, micro-ondes, cafetière, des tables et surtout, rien ne gèle! », explique Louise Jobin. « On a même un petit bureau en bas pour se réunir, faire des entrevues avec les membres pour les plaintes au juridique. On n’a plus besoin de toujours se déplacer à la CSN. », dit-elle.

Autre avantage : la visibilité. « Ça fait un deuxième endroit où être entendus. Les gens s’arrêtent, lisent les affiches, posent des questions, » explique Louise Jobin. « Les gens nous demandent : ‘’C’est quoi le commerce qui ouvre?  Vous allez vendre quoi?’’ On répond qu’on n’a rien à vendre, mais qu’on veut juste de bonnes conditions de travail, » conclut Frédéric Laflamme, également membre du comité exécutif du syndicat.

N’hésitez pas à saluer les grévistes du Hilton si vous passez par-là (que ce soit sur le boulevard René-Lévesque ou sur la rue Saint-Jean).

« S’organiser pour gagner »

François Proulx-Duperré, secrétaire général, et Barbara Poirier, présidente, du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN)

Mot d’ouverture de l’assemblée du 16 décembre 2021

Bienvenue à l’assemblée générale du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches, bienvenue chez vous !

Depuis la dernière fois que l’on s’est vu, en octobre, la vague de mobilisation et de conflits dans nos syndicats s’est maintenue. Le rythme des actions, des journées de grève et des manifestations est vraiment soutenu. On va se le dire, on fait pas mal juste ça soutenir les syndicats en conflits depuis les 9 derniers mois.

Il y en a qui disent qu’on n’a pas vu ça depuis les années 1970 autant de grèves au conseil central. Je tiens à souligner l’excellent travail de l’équipe du conseil central, vraiment, c’est une équipe de feu et totalement dévouée. Merci, équipe!

La reprise économique est bien lancée. À toute fin pratique, on peut dire qu’on est grosso modo de retour à la normale dans presque tous les secteurs. La reprise ne tient toutefois pas compte des travailleuses et des travailleurs. Elle ne tient pas compte de notre fatigue. Elle ne tient pas compte de nos besoins. Socialement, on fait un peu comme si rien ne s’était passé.

Ni le gouvernement, ni les patrons, ne tiennent compte des travailleuses et des travailleurs. C’est comme s’il n’y avait pas de pénurie, comme s’il n’y avait pas d’augmentation des tâches. Comme si les gens n’étaient pas déjà épuisés et fragilisés.

Pour faire changement, on va prendre un exemple dont on parle moins : les agents de la paix dans les services correctionnels. Il manque de monde-là aussi, beaucoup de monde. Juste à la prison de Québec, il y a eu 58 000 heures de temps supplémentaire l’an dernier. C’est 7 248 quarts de travail ça. C’est fou quand on y pense, et c’est pas mal partout pareil. Ces agents de la paix en milieu correctionnels, ils savent quand ils entrent au boulot, mais ne savent jamais quand ils rentreront à la maison. Ils sont, pardonnez-moi l’expression, en prison à leur travail.

Et pis voilà, au lieu de parler de ça, au lieu de parler de la détresse du monde, au lieu de parler des enfants quand c’était la grève des CPE, au lieu de parler des vraies affaires, le gouvernement préfère nous parler des Nordiques et du baseball.

Aussi, le réseau de la santé fonctionne encore à coup d’arrêtés ministériels, c’est devenu la norme. On a beau avoir réglé les conventions collectives du secteur public, presque personne n’a encore été payé, c’est une vraie joke. Et, déjà, le gouvernement se rend compte que ce ne sera pas suffisant et doit rajouter des primes et des bourses pour rendre le milieu plus attractif. Mais toujours de façon unilatérale, sans discussion avec les syndicats. Se positionnant ainsi en sauveur auprès de la population et en n’admettant pas qu’il est le principal responsable de la pénurie et des mauvaises conditions de travail.

Le gouvernement, et les patrons en général, aime bien négocier sur la place publique, à coup de demi-vérités, de désinformation et de dissimulation. De la même façon qu’il ne tient pas compte des travailleuses et des travailleurs, il fait comme si les syndicats n’existaient pas. Mais ça ne marche pas comme ça! Et il faudra se questionner sérieusement sur les moyens que nous devrons prendre pour apporter un contre-discours puissant et porteur sur la place publique, pour contrer cette désinformation.

Aussi, depuis les dernières heures, ça ne regarde pas bien côté urgence sanitaire. La pandémie est en train de faire un nouveau tour de piste avec Omnicron. On commence à reparler de télétravail obligatoire, ça sent le durcissement des mesures sanitaires.

Ça réveille des souvenirs douloureux chez beaucoup de gens. On est tous un peu traumatisé du confinement et de la pandémie. Ce n’est pas pour rien qu’on fait face à une épidémie de burnout.

Par ailleurs, on marche vers le congrès du conseil central qui aura lieu en juin. J’ai envie de vous dire qu’il y au moins une thématique qui s’impose pas mal à nous : il faut qu’on soit capable de s’organiser pour gagner.

Pis gagner c’est possible. Plus que jamais c’est possible! Regardez nos camarades des CPE. Elles donnent une magnifique leçon de syndicalisme de combat à tout le monde. Elles partaient de loin. Rappelez-vous, ce gouvernement n’en avait que pour les maternelles 4 ans. Elles ont mobilisé leur monde, elles sont allées chercher l’appui des parents. Elles ont fait des journées de grève, elles ont fait des manifestations. Puis elles ont fait ce que personne avant elles n’avait jamais fait dans les CPE : elles ont tenu des votes de grève générale illimitée et quand ça a été le temps, elles ont mis leur menace à exécution!

Malgré toute la pression qu’elles avaient, elles ont tenu leur bout, elles ont été solidaires, et, admirablement, elles n’ont laissé personne derrière. Et vous savez quoi? Elles ont gagné! Oui il reste des batailles à faire. Mais elles ont gagné! Elles ont remonté les bretelles à ce gouvernement qui négociait sur la place publique et tout ça, en gardant l’appui des parents. Et de vous à moi, ça, c’est magnifique!

Ce qu’il va falloir faire c’est se demander comment on va faire pour gagner dans chacune de nos luttes, dans chacun de nos syndicats. Comment on va s’organiser, comment on va se mobiliser. Pis comment on va faire, comme conseil central, pour se déployer et vous aider dans toutes les batailles à venir. Comment on peut s’organiser pour s’aider les uns les autres, toutes fédérations confondues, à se battre et gagner chacune de nos batailles.

On ne sait pas quand est-ce qu’on va pouvoir se revoir en présentiel. Parti comme c’est là, ce n’est pas évident du tout que la prochaine assemblée générale en février sera en présentiel. On verra bien dans le temps comme dans le temps. Pour aujourd’hui, profitons du moment.

Dans l’immédiat, je tiens à profiter de l’occasion que j’ai pour vous souhaiter de passer un doux temps des fêtes et d’en profiter pour prendre un repos bien mérité, on en a toutes et tous bien besoin.

Rechargez vos batteries, donc, mais rechargez-les aussi pour les futures batailles qu’on va mener, ensemble, parce je vous l’dis : on va lutter encore en 2022 et de toutes nos forces!

En attendant, bonne assemblée, camarades, c’est un réel plaisir de vous voir.

– Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN)

Déterminés, les paramédics de la CSN sont prêts à augmenter la pression

Déterminés, les paramédics de la CSN sont prêts à augmenter la pression

Québec, 14 décembre 2021. – Sur le tapis rouge, les paramédics : des personnes parmi les plus essentielles pour les Québécoises et les Québécois. Toute la population sait que leur travail est précieux. Leurs conditions de travail devraient être prioritaires aussi aux yeux du gouvernement… Or après des mois de négociations, les 3500 paramédics membres de la CSN sont forcés de constater que le gouvernement les oublie, encore une fois.

Les paramédics lancent aujourd’hui une vaste campagne sur les médias sociaux pour sensibiliser l’ensemble de la population aux problèmes qu’ils vivent au quotidien et pour lesquels ils doivent trouver un terrain d’entente dans la présente négociation. Leur contrat de travail est arrivé à terme depuis le 31 mars 2020. Dans une vidéo choc, deux paramédics s’adressent à Christian Dubé et à François Legault afin que ces derniers donnent les mandats nécessaires à la conclusion d’une entente négociée.

Transport ambulancier gratuit pour tout le monde

À défaut d’un compromis satisfaisant d’ici les prochaines semaines, les paramédics membres de syndicats CSN sont prêts à augmenter la pression dès le début de l’année 2022. À l’issue d’une tournée d’assemblée générale, les syndicats ont obtenu le mandat de durcir la grève en cours en y ajoutant de nouveaux moyens de pression. Par exemple, les paramédics cesseront toutes les tâches entourant la facturation des transports en ambulance. Ils entendent demander au Tribunal administratif du travail de leur permettre de déployer, dans la prochaine grève, d’autres moyens afin de mettre la pression tant sur les employeurs et le ministère de la Santé et des Services sociaux que sur le Conseil du trésor dans le but de parvenir à un accord.

«  Notre thème de négociation : Un appel au respect, ce n’est pas pour rien. Ce gouvernement nous a oubliés trop souvent », dénonce Jonathan Beaupré, vice-président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH-CSN). « Nous avons été au front tout au long de la crise COVID même si nous étions déjà exténués en raison des conditions d’exercice déficientes. Pourtant, à chaque occasion, ce gouvernement nous a oubliés. Et il ne le reconnaît toujours pas. Après des mois de négociation, il n’a pas bougé de son offre salariale de 2 % par année ».

« Les paramédics sont sans conteste un groupe prioritaire pour l’État et ça ne paraît pas du tout dans les propositions du gouvernement. Leur travail est absolument indispensable et il doit être mieux reconnu. La CSN les soutiendra jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause » enchaîne Barbara Poirier, la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN)

Revendications

En négociation, les paramédics revendiquent la revalorisation de leur salaire afin qu’il soit comparable avec les salaires versés à d’autres catégories d’emploi qu’ils côtoient au quotidien, que ce soit dans les services d’urgence ou dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Ils souhaitent également s’attaquer aux surcharges de travail des horaires à l’heure et aux horaires de travail désuets – les horaires de faction – encore en vigueur dans plusieurs régions du Québec.

Les paramédics veulent renforcer la santé et la sécurité au travail, notamment la prévention contre l’épuisement professionnel.

De plus, les paramédics désirent baliser l’élargissement de leur rôle au sein du réseau de la santé. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) réclame depuis des années qu’on fasse davantage appel aux compétences et à l’expertise des paramédics dans le réseau. Elle a bien accueilli l’ouverture du gouvernement à cet égard, mais les conditions de ces déploiements, par exemple dans certaines urgences, doivent être négociées.

Les agents correctionnels font pression sur le Conseil du trésor

Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN)

NÉGOCIATIONS

Les agents correctionnels font pression sur le Conseil du trésor

Québec, le 14 décembre 2021 – Les agents des services correctionnels du Québec ont accentué la pression sur le gouvernement, mardi matin, en manifestant devant les bureaux du Conseil du trésor à Québec au moment où les négociations entre les parties syndicale et patronale se poursuivaient à l’intérieur.

« Nos membres sont venus de partout au Québec pour exiger la reconnaissance qu’ils méritent », affirme Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN). « Ça fait vingt mois que notre convention est échue. Le temps est venu de passer aux choses sérieuses. »

En novembre dernier, les membres du syndicat ont d’ailleurs voté à 97 % en faveur d’un mandat de moyens de pression lourds afin de faire monter la pression d’un cran et de soutenir leur comité de négociation au moment où les pourparlers s’intensifient et que la question salariale est toujours en suspens.

« Les services correctionnels n’échappent pas à la crise de pénurie de main-d’œuvre qui sévit partout au Québec, explique Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). Avec la pandémie de COVID-19 qui continue de faire rage dans les établissements de détention, l’exercice du travail des agents des services correctionnels est devenu encore plus dangereux qu’il ne l’était déjà. Les agentes et les agents de la paix du Québec doivent enfin être reconnus à leur juste valeur. C’est pourquoi le Conseil du trésor doit impérativement mettre en place les moyens pour attirer et retenir le personnel qui effectue quotidiennement ce travail essentiel à la sécurité de notre société. »

Le manque de personnel figure parmi les problèmes qui minent grandement le réseau carcéral québécois, estime le président du SAPSCQ–CSN. À l’heure actuelle, près de 400 postes demeurent vacants, et ce, depuis plusieurs mois – sans compter les quelque 300 agents qui sont en absence prolongée.

Selon un sondage commandé à la firme Léger par le SAPSCQ–CSN, moins du quart des Québécoises et des Québécois affirment qu’ils accepteraient de travailler comme agente ou agent de services correctionnels, ce qui explique en partie les difficultés de recrutement.

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la FEESP–CSN et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec.

Fondée en 1947, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

CPE : Les syndiqué-es de la CSN de Québec–Chaudière-Appalaches entérinent l’entente de principe à 98 %

Négociations des CPE

Les syndiqué-es de la CSN de Québec–Chaudière-Appalaches entérinent l’entente de principe à 98 %

Québec, le 12 décembre 2021 — Réunis en assemblée générale le 10 décembre dernier, les travailleuses et les travailleurs de CPE syndiqués à la CSN dans la région de Québec–Chaudière-Appalaches ont adopté à 98 % l’entente de principe survenue mercredi dernier entre le gouvernement et les porte-paroles de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Ce résultat signifie que la grève générale illimitée que les membres de la CSN exerçaient depuis le 1er décembre dernier est maintenant terminée. Par conséquent, tous les CPE de la région seront donc ouverts à compter du lundi 13 décembre.

« Ça n’a pas été une négociation facile, mais nous avons réussi à faire plusieurs avancées grâce à la solidarité et à la détermination de nos membres, a affirmé Mélanie Pelletier, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de CPE de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). Une négociation implique toujours des compromis et celle-ci ne fait pas exception à la règle, mais nous pouvons être fières de la façon dont nous avons mené cette négociation historique. »

Parmi les gains réalisés, les représentantes et représentants de la FSSS-CSN ont notamment obtenu un rattrapage salarial de 18 % pour les éducatrices qualifiées et les éducatrices spécialisées, ainsi que des augmentations variant entre 8 % et 12.5 % pour les autres appellations d’emploi. De plus, les membres de la FSSS-CSN obtiendront également une prime de reconnaissance équivalant à 3 % de la rémunération des heures travaillées entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021.

La nouvelle convention collective, d’une durée de trois ans, prévoira également l’ajout de trois heures dédiées à la préparation du dossier de l’enfant et de huit heures accordées aux responsables en alimentation pour la gestion de la cuisine. La récupération de deux jours fériés supplémentaires et la création d’un comité dont le mandat est d’identifier les principales difficultés vécues par le personnel éducateur en matière d’intégration des enfants à besoins particuliers figurent également parmi les avancées obtenues par la CSN après le déclenchement de sa grève générale illimitée.

« Nous espérons que les progrès réalisés grâce à notre combativité vont permettre d’assurer la pérennité du réseau et de convaincre les travailleuses d’y rester, explique Mélanie Pelletier. Maintenant que la négociation nationale est terminée, notre attention se tourne maintenant vers les tables de négociations locales. »

À propos

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des CPE de la région de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN compte environ 1 500 membres travaillant dans 59 CPE. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) qui représente la très grande majorité des travailleuses et travailleurs des centres de la petite enfance avec près de 11 000 membres, partout au Québec. Il est également affilié au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) qui regroupe plus de 250 syndicats représentant 45 000 travailleuses et travailleurs, tant dans le secteur public que privé.