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Coopérative funéraire des Deux Rives : les travailleuses et les travailleurs lancent un ultimatum à l’employeur

Les travailleuses et travailleurs de la Coopérative funéraire des Deux Rives lancent un message clair à leur employeur : il est temps de régler. Après des mois de négociation, la rencontre prévue vendredi doit permettre d’en arriver à une entente. À défaut d’un règlement, un conflit de travail éclatera dès la semaine prochaine.

Les membres ont d’ailleurs donné un mandat clair à leur comité de négociation en adoptant, à plus de 90 %, un mandat de grève de cinq jours dans les derniers mois. Ce mandat démontre la détermination des travailleuses et des travailleurs à obtenir un règlement juste et à protéger leurs conditions de travail.

Les principaux points de blocage demeurent la sous-traitance, les salaires, la durée de la convention collective ainsi que la formation. Pour le syndicat, l’employeur dispose de toute la marge de manœuvre nécessaire pour régler cette négociation. Ce qui manque maintenant, c’est la volonté de conclure une entente.

« L’employeur a tout ce qu’il faut pour régler cette négociation. Les solutions sont sur la table. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas la capacité de conclure une entente, c’est la volonté de reconnaître le travail de ses propres travailleuses et travailleurs. Vendredi, il lui faudra faire un choix, régler ou nous pousser vers un conflit de travail », affirme Catherine Caron, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Coopérative funéraire des Deux Rives (CSN).

Les salarié-es rappellent qu’ils et elles accompagnent quotidiennement des familles dans des moments difficiles et qu’ils méritent d’être reconnus à la hauteur de leur contribution. Pour eux, la sous-traitance ne doit pas devenir une façon de contourner les emplois de qualité et de fragiliser l’expertise développée au sein de la Coopérative.

« Les membres ont été patients. Ils ont démontré leur ouverture à trouver des solutions, mais il y a une limite. Le message envoyé avec le mandat de grève est sans équivoque, les travailleuses et les travailleurs sont unis et prêts à se mobiliser pour obtenir un règlement à la hauteur de leurs attentes », ajoute la présidente du syndicat.

« Une coopérative devrait être un modèle en matière de relations de travail. On s’attend à ce qu’elle reconnaisse l’expertise de ses travailleuses et de ses travailleurs et qu’elle fasse le choix de négocier sérieusement. Les membres ont démontré leur patience et leur volonté de parvenir à un règlement. Il est maintenant temps que l’employeur fasse sa part afin d’éviter un conflit de travail qui ne profiterait à personne », affirme Steeve Bouchard, trésorier de la Fédération du commerce-CSN.

De son côté, Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches-CSN, rappelle que la balle est maintenant dans le camp de l’employeur.

« Les travailleuses et les travailleurs de la Coopérative funéraire des Deux Rives ont démontré leur bonne foi et leur patience. Ils et elles ont maintenant donné un mandat clair à leur comité de négociation. L’employeur doit saisir l’occasion qui se présente vendredi et régler cette négociation. Il a les moyens de le faire. Ce qui est nécessaire maintenant, c’est une réelle volonté de trouver une solution ».

Le syndicat invite donc l’employeur à faire le choix de la responsabilité et de la collaboration. Une entente est possible vendredi. Tout dépend maintenant de s’il est prêt à reconnaître celles et ceux qui font vivre la Coopérative au quotidien.

Papier clermont bureau

Les employées de bureau de Papier Clermont réclament le respect

Deux ans sans augmentation, l’employeur refuse la rétroactivité

Après plus de deux ans de négociation, les cinq travailleuses du secteur bureau de l’usine Domtar de Clermont dénoncent le refus de l’employeur de leur accorder la pleine rétroactivité salariale, alors que cette reconnaissance a été accordée aux autres unités syndicales de l’entreprise. Pour elles, il s’agit d’un traitement inéquitable qui soulève de sérieuses questions quant à la façon dont l’employeur traite un groupe composé exclusivement de femmes.

La convention collective des employées de bureau est échue depuis le 30 avril 2024. Malgré plus de trois ans sans augmentation salariale, l’employeur refuse aujourd’hui de reconnaître l’ensemble de la période de négociation dans le calcul de la rétroactivité. Pourtant, cette pratique a été appliquée ailleurs chez Domtar, notamment pour les travailleuses et travailleurs de l’usine de Clermont.

« Nous avons fait notre part. Nous avons retiré des demandes importantes, comme le télétravail et les horaires flexibles, afin de favoriser un règlement. Malgré cette ouverture, l’employeur refuse toujours de nous traiter avec la même équité que nos collègues. Nous ne demandons pas un privilège. Nous demandons simplement le même respect et les mêmes conditions que les autres travailleuses et travailleurs de Domtar », affirme Karenne Tremblay, présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses du papier de Clermont – secteur bureau (CSN).

Une injustice qui ne passe pas

Pour le comité de la condition féminine du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN, il est difficile d’ignorer que les personnes pénalisées sont les seules employées de bureau de l’usine, un petit groupe composé exclusivement de femmes.

« Le même employeur a reconnu la rétroactivité aux travailleurs de l’usine, mais refuse de l’accorder aux cinq employées de bureau. C’est légitime de se demander pourquoi. Nous refusons de banaliser cette différence de traitement. Les travailleuses méritent le même respect et la même reconnaissance que leurs collègues. Nous serons à leurs côtés aussi longtemps qu’il le faudra », soutient Mélanie Pelletier, vice-présidente à la condition féminine au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN.

La mobilisation des travailleuses reçoit d’ailleurs l’appui des membres du syndicat de l’usine, venus démontrer leur solidarité envers leurs collègues.

« Une négociation, ça avance quand les deux parties font des efforts. Les travailleuses ont démontré leur volonté de trouver un terrain d’entente en retirant des demandes importantes. Quand l’employeur répond en refusant de reconnaître plus de deux ans d’attente, il envoie le mauvais signal. Il est encore temps de conclure cette négociation sur une base saine et durable », déclare Keven Gagnon, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN).

Pour la CSN, cette négociation dépasse largement le cadre d’un simple litige salarial. Elle pose la question du traitement réservé aux travailleuses dans les milieux traditionnellement masculins.

« Lorsqu’un employeur applique des conditions différentes à un groupe exclusivement féminin sans justification valable, il est normal de s’interroger. L’équité ne peut pas être à géométrie variable. Les travailleuses de Clermont réclament exactement ce qui a été accordé ailleurs dans l’entreprise : ni plus ni moins. Domtar doit corriger cette injustice », conclut Katia Lelièvre, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux.

Les représentantes syndicales réitèrent leur volonté de parvenir rapidement à une entente négociée, mais rappellent que celle-ci devra obligatoirement reconnaître les droits des travailleuses et mettre fin à cette iniquité.

CHU de Q

Pénurie de personnel au CHU de Québec-Université Laval

Le réseau est à bout de souffle

La situation continue de se détériorer au CHU de Québec- Université Laval. Les postes vacants s’accumulent, les absences pour maladie augmentent et les équipes sont poussées à bout. Nous sommes à un point de rupture. Pour le Syndicat des travailleurs et des travailleurs du CHU de Québec (CSN), il est urgent de mettre fin à la diminution drastique des embauches et de donner aux établissements les moyens de recruter le personnel nécessaire avant que la situation ne devienne irréversible.

En pharmacie, 32 % des postes d’assistantes et assistants techniques en pharmacie (ATP) sont actuellement vacants. Chez les préposées et préposés aux bénéficiaires (PAB), près de 20 % des postes demeurent à pourvoir. Ces pénuries ont déjà des conséquences sur les services, notamment par une réduction des heures d’ouverture en pharmacie, tout en augmentant la pression sur les équipes en place. Problématique qui s’accentue considérant la période des vacances en cours.

« Nos membres sont pris dans un cercle vicieux. Quand une personne s’absente parce qu’elle est épuisée ou malade, il n’y a souvent personne pour la remplacer. Ce sont les collègues qui absorbent la charge de travail supplémentaire. Jour après jour, la pression augmente, les gens s’épuisent et finissent eux aussi par tomber en arrêt de travail. On voit des équipes entières fonctionner en mode survie. À cet effet, l’employeur a d’ailleurs confirmé au Syndicat que le taux d’absentéisme avoisinait les 20%. Si rien ne change rapidement, ce sont autant les travailleuses et les travailleurs que les services à la population qui en paieront le prix », déplore Caroline Verret, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CHU de Québec (CSN).

Pour Carole Duperré, Vice-Présidente Responsable du secteur public à Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), la situation observée au CHU de Québec-Université Laval est loin d’être isolée. « Ce qui se passe au CHU de Québec-Université Laval est le reflet de ce que l’on constate partout au Québec. Depuis trop longtemps, le réseau fonctionne avec des équipes incomplètes qui compensent constamment pour les postes vacants. Les travailleuses et les travailleurs continuent de porter le réseau sur leurs épaules, mais ils ne peuvent pas compenser éternellement les décisions qui fragilisent le réseau public et leur santé. Si le gouvernement veut améliorer l’accès aux soins, il doit d’abord s’assurer que les établissements disposent du personnel nécessaire pour les offrir. »

Le conseil central estime que les décisions de gestion du gouvernement et de Santé Québec contribuent directement à l’aggravation de la crise. « On ne peut pas reconnaître qu’il manque de personnel partout et, en même temps, maintenir une diminution des embauches qui empêche de remplacer les départs. Cette logique est complètement contre-productive. À force de vouloir gérer le réseau avec une calculatrice, on épuise les personnes qui prennent soin de la population en plus de la mettre en danger. Santé Québec et le gouvernement doivent agir sans tarder et mettre en place des solutions durables, adaptées à la réalité des travailleuses et des travailleurs. Chaque semaine d’inaction épuise davantage les équipes et compromet la qualité ainsi que l’accessibilité des services. », affirme Mélanie Pelletier, vice-présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN).

Pour Caroline Verret, présidente du syndicat, il est urgent de lever les obstacles au recrutement, de pourvoir les postes vacants et de reconstituer des listes de rappel capables de soutenir les équipes lorsque des absences surviennent. « N’avons-nous pas appris de la dernière pandémie qui avait clairement démontré la fragilité du réseau notamment par le manque d’effectif en place? » conclut-elle.

Une première convention CSN au Club Med de Charlevoix

Réuni-es en assemblée générale aujourd’hui, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Club Med Québec Charlevoix–CSN ont adopté l’entente de principe qui leur a été présentée à 90%.

Il s’agit d’une première convention collective négociée sous l’affiliation à la CSN. Cette entente marque une étape importante pour les travailleuses et les travailleurs, qui ont choisi de se mobiliser afin d’améliorer leurs conditions de travail et de faire reconnaître leur contribution essentielle au succès de l’établissement.

La nouvelle convention collective, d’une durée de quatre ans, prévoit des augmentations salariales pouvant atteindre près de 19 % dès la première année et près de 30 % sur l’ensemble de sa durée. Les membres ont également obtenu des améliorations importantes concernant la reconnaissance de l’ancienneté, les vacances, la santé et la sécurité au travail, la prévention du harcèlement psychologique ainsi que les clauses syndicales, notamment par une bonification des libérations syndicales.

L’entente comprend aussi des avancées importantes pour les travailleuses et travailleurs étrangers. Une clause de statu quo ante a notamment été intégrée afin de mieux protéger les salarié-es détenteurs d’un permis de travail fermé en cas de congédiement. L’employeur s’engage également à faciliter les démarches des salarié-es qui souhaitent présenter une demande de certificat de sélection du Québec.

« Dès le début des négociations, nous voulions une convention collective qui reconnaisse réellement notre contribution au succès du Club Med. Les membres peuvent être fiers du résultat. En plus d’obtenir des augmentations salariales importantes, nous avons fait des gains sur l’ancienneté, les vacances, la santé et la sécurité ainsi que sur les protections offertes à plusieurs de nos collègues, notamment les travailleuses et travailleurs étrangers. Cette première convention nous donne des bases solides pour l’avenir » affirme Jenny Anamaria Granados Mendiola, vice-présidente du syndicat.

Pour Adrián Ortiz, président du syndicat, cette première convention est plus que significative: « Après des années sous une convention collective injuste, nous pouvons aujourd’hui célébrer l’adoption d’une convention faite par et pour les travailleurs et les travailleuses. Cette nouvelle convention collective, conclue avec la CSN, nous donne la certitude que des jours meilleurs sont devant nous. C’est avec beaucoup de fierté et de bonheur que je célèbre aujourd’hui cette grande réalisation. Je remercie sincèrement toutes les personnes qui ont participé à ce processus. N’oublions jamais d’où nous venons ni tout le chemin parcouru pour en arriver ici »

Pour le conseil central, cette première convention collective représente une avancée importante pour l’ensemble des membres.

« Une convention collective, c’est toujours plus qu’une simple entente sur les salaires. Les travailleuses et les travailleurs du Club Med ont réussi à améliorer plusieurs aspects de leur quotidien tout en renforçant leurs protections et leurs droits. Les gains obtenus auront des effets durables bien au-delà de la durée de cette convention. C’est le résultat d’un travail rigoureux et d’une mobilisation soutenue des membres. Le syndicat a aussi pu compter sur la force de notre mouvement tout au long de leur négociation, » souligne François Proulx-Duperré, secrétaire général du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches-CSN.

Pour la Fédération du commerce-CSN, les résultats obtenus à Charlevoix pourraient également inspirer d’autres travailleuses et travailleurs du réseau.

« Cette entente établit un précédent important. Les gains obtenus démontrent qu’il est possible d’améliorer significativement les salaires, les conditions de travail et les protections des salarié-es dans les établissements du réseau. Les membres du Club Med Québec Charlevoix viennent de tracer une voie qui pourra servir de référence dans l’avenir. Cette convention envoie un message clair : lorsque les travailleuses et les travailleurs se mobilisent, ils peuvent obtenir des avancées concrètes et durables, » ajoute Alexandre Filiatrault, vice-président de la Fédération du commerce-CSN.

« Cette victoire appartient d’abord aux travailleuses et aux travailleurs du Club Med de Charlevoix. Rien ne leur a été donné. Chaque gain obtenu est le fruit de leur détermination, de leur solidarité et de leur capacité à se tenir debout, ensemble. Cette nouvelle convention collective envoie un message clair : quand les travailleuses et les travailleurs s’organisent et luttent collectivement, ils ont le pouvoir de changer le rapport de force et d’obtenir le respect et les conditions de travail qu’ils méritent. » – Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Le syndicat tient à remercier l’ensemble des membres pour leur confiance, leur implication et leur solidarité tout au long des négociations.

CHP

Grève imminente dans deux résidences privées pour aîné-es

Devant l’absence persistante d’offres sérieuses de la part des employeurs, les travailleuses et travailleurs de la résidence Les Marronniers à Lévis et du Manoir Les Générations à Rimouski déclencheront une grève au début du mois de mai.

Le débrayage est prévu du 6 au 10 mai aux Marronniers et du 6 au 11 mai au Manoir Les Générations.

Alors que les salarié-es des Marronniers en seront à leur première séquence de grève, leurs collègues du Manoir Les Générations entameront pour leur part une deuxième mobilisation.

Travailler à temps plein et s’appauvrir : inacceptable

Pour Marlène Ross, porte-parole du secteur des RPA à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), la situation reflète un problème beaucoup plus large dans l’ensemble du secteur.

« Cogir est une entreprise qui a des moyens. Pourtant, à la table de négociation, on envoie des représentants avec un mandat clair : régler rabais pour ensuite tirer les conditions vers le bas dans tout le réseau. C’est une stratégie préoccupante qui contribue directement à l’appauvrissement des travailleuses et travailleurs », dénonce-t-elle.

Le groupe Cogir, qui exploite six RPA — dont quatre dans la région de Québec et deux à Rimouski — illustre bien cette dynamique. Dans plusieurs de ses établissements, les salarié-es, majoritairement des femmes, peinent à dépasser le salaire minimum, malgré l’importance essentielle de leur travail.
Un conflit devenu inévitable

Face au refus de la partie patronale d’offrir des conditions leur permettant de vivre dignement, les travailleuses et travailleurs n’ont d’autre choix que d’exercer leur droit de grève — un levier souvent utilisé en dernier recours pour se faire entendre.

« La CSN et ses conseils centraux seront aux côtés des travailleuses et travailleurs aussi longtemps qu’il le faudra. Ces personnes jouent un rôle essentiel auprès de nos aîné-es, et il est hors de question qu’elles s’appauvrissent pendant que leurs employeurs s’enrichissent », affirme Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN).

« Tenir une ligne de piquetage demande du courage et de la détermination. Quand l’employeur mise sur l’usure pour imposer des conditions à la baisse, il faut savoir dire non et se tenir debout », ajoute Liette Ross, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN). « Faire la grève implique des sacrifices, mais nos membres peuvent être fiers : ils et elles défendent leur dignité, leurs conditions de travail et la valeur de leur travail », conclut-elle.