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Grève imminente dans deux résidences privées pour aîné-es

Devant l’absence persistante d’offres sérieuses de la part des employeurs, les travailleuses et travailleurs de la résidence Les Marronniers à Lévis et du Manoir Les Générations à Rimouski déclencheront une grève au début du mois de mai.

Le débrayage est prévu du 6 au 10 mai aux Marronniers et du 6 au 11 mai au Manoir Les Générations.

Alors que les salarié-es des Marronniers en seront à leur première séquence de grève, leurs collègues du Manoir Les Générations entameront pour leur part une deuxième mobilisation.

Travailler à temps plein et s’appauvrir : inacceptable

Pour Marlène Ross, porte-parole du secteur des RPA à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), la situation reflète un problème beaucoup plus large dans l’ensemble du secteur.

« Cogir est une entreprise qui a des moyens. Pourtant, à la table de négociation, on envoie des représentants avec un mandat clair : régler rabais pour ensuite tirer les conditions vers le bas dans tout le réseau. C’est une stratégie préoccupante qui contribue directement à l’appauvrissement des travailleuses et travailleurs », dénonce-t-elle.

Le groupe Cogir, qui exploite six RPA — dont quatre dans la région de Québec et deux à Rimouski — illustre bien cette dynamique. Dans plusieurs de ses établissements, les salarié-es, majoritairement des femmes, peinent à dépasser le salaire minimum, malgré l’importance essentielle de leur travail.
Un conflit devenu inévitable

Face au refus de la partie patronale d’offrir des conditions leur permettant de vivre dignement, les travailleuses et travailleurs n’ont d’autre choix que d’exercer leur droit de grève — un levier souvent utilisé en dernier recours pour se faire entendre.

« La CSN et ses conseils centraux seront aux côtés des travailleuses et travailleurs aussi longtemps qu’il le faudra. Ces personnes jouent un rôle essentiel auprès de nos aîné-es, et il est hors de question qu’elles s’appauvrissent pendant que leurs employeurs s’enrichissent », affirme Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN).

« Tenir une ligne de piquetage demande du courage et de la détermination. Quand l’employeur mise sur l’usure pour imposer des conditions à la baisse, il faut savoir dire non et se tenir debout », ajoute Liette Ross, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN). « Faire la grève implique des sacrifices, mais nos membres peuvent être fiers : ils et elles défendent leur dignité, leurs conditions de travail et la valeur de leur travail », conclut-elle.

paramédic

Paramédics La surcharge de travail encore en hausse dans la Capitale-Nationale

La charge de travail des paramédics de la Capitale-Nationale atteint maintenant 143 %, soit une hausse de 6 % en un an ! Ces données viennent d’être dévoilées par le ministère de la Santé et des Services sociaux qui les met à jour sur une base régulière. Une charge de travail normale s’établit à 90 %, selon le ministère.

Pour l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN), ce portrait vient confirmer ce que les paramédics constatent chaque jour, chaque soir, chaque nuit : le système est au bord de l’effondrement.

Sans convention collective depuis maintenant trois ans, les paramédics se heurtent à la table de négociation aux demandes irréalistes du gouvernement. Il veut notamment mettre fin à une mesure de la convention collective qui dédommage les paramédics en surcharge de travail, tant que le problème n’aura pas été corrigé à la source. Le gouvernement propose à la place une « prime au rendement ». Or, pour les syndicats CSN, il ne fait aucun sens d’exiger plus de « rendement » de la part de paramédics dont la surcharge atteint 143 % ! Rappelons que cette prime avait été introduite à la convention collective à l’issue de la dernière négociation et que la surcharge n’a cessé d’augmenter depuis.

« Le gouvernement a la responsabilité d’assurer une offre adéquate de services à la population, rappelle le président de l’ATPH–CSN, Frédéric Maheux. Présentement, il agit comme s’il souhaitait s’en défiler complètement. »

« La source du problème, ajoute-t-il, ce sont en bonne partie les conditions de travail, dont les salaires, qui ne soutiennent pas la concurrence avec les autres emplois comparables, que ce soit en santé et services sociaux ou dans le secteur de la sécurité publique. Chaque jour, nous perdons des paramédics qui choisissent d’aller travailler ailleurs, où les conditions de travail sont plus en phase avec leurs compétences, leurs responsabilités, leur environnement de travail. Nous appelons le gouvernement à entendre les signaux d’alarme émis par son propre ministère. Il est évident qu’une surcharge de travail de 143 %, c’est insoutenable ! »

autobus érable

Mandat unanime : 14 jours de grève chez Autobus des Érables

Ce mercredi 1er avril au soir, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus des Érables–CSN ont adopté à l’unanimité, par voie de scrutin secret, un mandat de 14 jours de grève à déclencher au moment jugé opportun.

« Depuis le 2 décembre dernier, nous avons tenu huit séances de négociation. Nous avons retravaillé une bonne partie de la convention collective, qui était désuète. Nous avons presque terminé les clauses normatives et, outre celles à incidences financières, il ne reste qu’une seule demande que l’employeur refuse d’accorder, sans fournir d’explication rationnelle. La dynamique à la table de négociation n’est pas mauvaise, mais, ce matin, nous attendions une réponse de l’employeur sur le volet des salaires et avantages sociaux. Or, on a reçu exactement la même offre que l’an dernier, sans aucune bonification. Bref, les membres sont en colère et ça s’est fortement reflété dans le vote d’hier soir », déclare le trésorier du syndicat, André Vaillancourt.

« Avec les problèmes d’attraction et de rétention de main-d’œuvre qui existent en Beauce, particulièrement dans le secteur du transport scolaire, offrir des salaires en dessous de la moyenne des autres entreprises du secteur, c’est une atteinte au service aux parents. Avec la hausse du coût de la vie et de celui de l’essence, il y a des salarié-es qui ont deux jobs pour arriver, c’est inacceptable ! On va se battre avec eux pour que ça change », ajoute le secrétaire général du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN, François Proulx-Duperré.

Dans la région de Québec et ses environs, pour 2025, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a fixé le revenu viable à 35 872 $ par année pour une personne seule et à 48 099 $ pour une famille monoparentale avec un enfant en CPE.

« Avec un salaire actuel d’environ 20 000 $ par année, les membres s’attendent à une bonification significative de leurs conditions de travail. L’employeur, Sogesco, n’est pas reconnu pour offrir de bons salaires… sans qu’une lutte soit livrée par les syndiqué-es. L’entreprise est historiquement reconnue pour ses nombreux bris de services, directement reliés aux salaires trop bas qu’ils imposent à leurs travailleuses et travailleurs. Mais les membres ont décidé de se battre et nous serons à leurs côtés pour les épauler, jusqu’à l’obtention d’un contrat de travail satisfaisant », conclut la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Josée Dubé.

Les résidences privées pour aînés (RPA) en grève dès la semaine prochaine

Devant des employeurs qui refusent toujours de déposer des offres dignes de ce nom, les travailleuses et travailleurs de la résidence Les Marronniers à Lévis ainsi que du Manoir Les Générations à Rimouski seront en grève du 2 au 6 avril prochain.

Il s’agit d’une première vague de débrayage qui pourrait s’étendre si l’employeur continue de faire traîner les négociations.

Appauvrir les salarié-es : une tendance inquiétante dans les RPA.

Pour Marlène Ross, porte-parole du secteur des RPA affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, la situation dépasse ces deux établissements : « Ce que l’on observe ici se répète dans plusieurs négociations en cours dans des résidences incluses dans la présente négociation coordonnée. Nous faisons face à des employeurs qui possèdent plusieurs RPA et qui proposent des augmentations dérisoires, sans réel rattrapage salarial, tout en tentant d’imposer ces conditions à l’ensemble de leurs tables de négociation. C’est un effort concerté pour affaiblir les travailleuses et travailleurs et les appauvrir davantage », déplore-t-elle.

Rappelons que Cogir possède cinq RPA, dont quatre dans la région de Québec et une à Rimouski. La situation observée actuellement dans les résidences en grève reflète une dynamique similaire dans les autres établissements que le groupe exploite.

La grève : un recours nécessaire pour se faire entendre

Dans un contexte marqué par une inflation élevée et par la hausse du coût de la vie, notamment en matière de logement et d’alimentation, proposer des conditions qui appauvrissent les salarié-es est inacceptable.

« La CSN et ses conseils centraux appuient, et continueront d’appuyer, les travailleuses et travailleurs des RPA tant qu’il le faudra. Ces personnes prennent soin de nos aîné-es et contribuent à notre société. Nous n’accepterons pas qu’elles s’appauvrissent pendant que leurs patrons s’enrichissent sur leur dos », affirme Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN).

« Se tenir dehors, dans le froid, pour réclamer sa juste part, ça demande du courage. Quand l’employeur adopte une stratégie visant à vous affaiblir et à vous faire accepter des miettes, il ne reste plus qu’à dire “assez, c’est assez !” et à se tenir debout sur les lignes de piquetage », ajoute Liette Ross, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN). « Faire la grève et se priver de revenu n’est jamais facile, mais nous sommes fiers de nos membres qui se tiennent debout pour obtenir le respect qu’ils méritent », conclut-elle.

Mandat de moyens de pression adopté au Club Med 

Réuni-es en assemblée générale aujourd’hui, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Club Med de Québec Charlevoix ont adopté un mandat de moyens de pression à plus de 72%.

Ce mandat exclut clairement la grève. Les travailleuses et les travailleurs n’ont pas voté pour un arrêt de travail, mais pour se doter d’outils afin de faire avancer les négociations. Par ce vote, elles et ils envoient un message ferme : la mobilisation est bien réelle, mais la volonté d’arriver à une entente négociée demeure entière.

Depuis le début des discussions, le syndicat affirme sa volonté de conclure une convention collective qui reconnaît pleinement la contribution essentielle des salarié-es au succès et à la réputation de l’établissement. Les membres souhaitent des conditions de travail justes et respectueuses, à la hauteur de leur engagement quotidien auprès de la clientèle.

« Nos membres veulent une entente, et ils et elles sont prêt-es à se mobiliser pour l’obtenir. Le mandat adopté aujourd’hui ne vise pas la grève, mais à démontrer que nous sommes uni-es, déterminé-es et sérieux-ses. Nous croyons toujours qu’avec un dialogue ouvert, franc et respectueux, il est possible d’en arriver rapidement à une entente satisfaisante pour les deux parties », affirme Jenny Anamaria Granados Mendiola, vice-présidente du syndicat.

Les travailleuses et les travailleurs réitèrent leur ouverture à poursuivre les échanges de manière constructive. Ils et elles souhaitent que l’employeur saisisse cette occasion pour accélérer le rythme des discussions et poser les gestes nécessaires afin de conclure une entente équitable dans les meilleurs délais.