Journée internationale des travailleuses et des travailleurs
Des centaines de personnes prennent la rue contre le saccage du filet social et la dérive autoritaire du gouvernement
Québec, 1er mai 2026. – Des centaines de personnes ont pris la rue à l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs à l’appel d’une coalition ad-hoc d’organisations syndicales, communautaires, féministes et étudiantes. La manifestation régionale s’est déroulée sous le thème « solidarisons-nous contre la dérive anti-démocratique, le saccage du filet social et les politiques anti-immigration ».
La CAQ doit changer de cap
« Malgré des sondages désastreux et un changement de garde au sommet, le gouvernement caquiste poursuit son agenda législatif comme si de rien n’était, » dénonce la présidente de la CSN, Caroline Senneville, qui invite la nouvelle première ministre à changer de cap immédiatement. « Il n’y a aucune honte à reconnaitre et corriger une erreur, il n’est pas trop tard pour mettre fin à la dérive autoritaire à laquelle on assiste depuis un an environ, » estime la syndicaliste, « le gouvernement doit se ressaisir et retirer les lois et projets de loi qui s’attaquent aux contre-pouvoirs comme les lois qui s’attaquent au droit de grève et à la liberté d’association, le projet de constitution élaboré sans consultation, les menaces à l’autonomie des groupes communautaires et les restrictions au droit de manifester. »
Renforcer le filet social
« Il faut reconnaitre que nos communautés sont sous pression : tout coûte beaucoup trop cher et c’est de plus en plus difficile d’arriver, » ajoute Naélie Bouchard-Sylvain, du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire (REPAC), « au lieu de jouer son rôle de redistribution de la richesse et de réduction des inégalités, le gouvernement caquiste empire la situation avec une politique d’austérité brutale. » La porte-parole du communautaire dénonce notamment l’inaction face à la crise du logement, les compressions dans les programmes sociaux, le sous-financement du communautaire, les pressions accrues sur les réseaux de la santé et de l’éducation. « On nous demande de toujours faire plus avec moins, pendant que les inégalités se creusent, ça ne peut plus continuer, » poursuit Naélie Bouchard-Sylvain.
Renouer avec la dignité humaine et la solidarité
« Depuis quelques années, nous assistons à un discours identitaire très dur envers l’immigration qu’on accuse de tous les maux, » s’indigne Raphaël Laflamme, du Centre des travailleuses et des travailleurs immigrants (CTTI), « ce qui est inquiétant c’est que ça se traduit en politiques publiques déshumanisantes comme par exemple l’abolition du programme d’expérience québécoise (PEQ), le projet de loi C-12 au fédéral qui brime sérieusement le droit d’asile, ou le recours continu aux permis de travail fermés qui plonge des milliers de personnes dans la précarité et l’incertitude. » Pour le porte-parole du CTTI, il est urgent de renouer avec des politiques migratoires fondées sur la dignité humaine et la solidarité. « Nous refusons une logique désignant les personnes immigrantes comme boucs émissaires et défendons plutôt une société fondée sur la solidarité, l’égalité de droits et la dignité pour toutes et tous, » conclu Raphaël Laflamme.

