La charge de travail des paramédics de la Capitale-Nationale atteint maintenant 143 %, soit une hausse de 6 % en un an ! Ces données viennent d’être dévoilées par le ministère de la Santé et des Services sociaux qui les met à jour sur une base régulière. Une charge de travail normale s’établit à 90 %, selon le ministère.

Pour l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN), ce portrait vient confirmer ce que les paramédics constatent chaque jour, chaque soir, chaque nuit : le système est au bord de l’effondrement.

Sans convention collective depuis maintenant trois ans, les paramédics se heurtent à la table de négociation aux demandes irréalistes du gouvernement. Il veut notamment mettre fin à une mesure de la convention collective qui dédommage les paramédics en surcharge de travail, tant que le problème n’aura pas été corrigé à la source. Le gouvernement propose à la place une « prime au rendement ». Or, pour les syndicats CSN, il ne fait aucun sens d’exiger plus de « rendement » de la part de paramédics dont la surcharge atteint 143 % ! Rappelons que cette prime avait été introduite à la convention collective à l’issue de la dernière négociation et que la surcharge n’a cessé d’augmenter depuis.

« Le gouvernement a la responsabilité d’assurer une offre adéquate de services à la population, rappelle le président de l’ATPH–CSN, Frédéric Maheux. Présentement, il agit comme s’il souhaitait s’en défiler complètement. »

« La source du problème, ajoute-t-il, ce sont en bonne partie les conditions de travail, dont les salaires, qui ne soutiennent pas la concurrence avec les autres emplois comparables, que ce soit en santé et services sociaux ou dans le secteur de la sécurité publique. Chaque jour, nous perdons des paramédics qui choisissent d’aller travailler ailleurs, où les conditions de travail sont plus en phase avec leurs compétences, leurs responsabilités, leur environnement de travail. Nous appelons le gouvernement à entendre les signaux d’alarme émis par son propre ministère. Il est évident qu’une surcharge de travail de 143 %, c’est insoutenable ! »