Urgence d’agir contre les féminicides
Le conseil central appuie l’idée d’une loi Gaby Renaud et revendique un financement adéquat des ressources pour femmes victimes de violence conjugale
Québec, 13 mars 2026. – Le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) a donné aujourd’hui son appui à l’idée d’une loi Gaby Renaud lors d’un point de presse sur la lutte à mener contre les violences faites aux femmes en marge de sa Journée thématique en condition féminine qui réunit plusieurs dizaines de déléguées syndicales provenant de tous les horizons. Rappelons que l’on déplore déjà sept (7) féminicides au Québec depuis le début de l’année et que les enquêtes se poursuivent concernant deux décès suspects de femmes survenus dans les derniers jours.
« Nous faisons face à une véritable crise des féminicides au Québec, il est urgent d’agir pour que ça cesse, » a déclaré Mélanie Pelletier, vice-présidente à la condition féminine, « en ce sens, le conseil central appuie l’idée d’une loi Gaby Renaud qui permettrait minimalement aux femmes d’avoir l’information concernant le passé violent d’un nouveau conjoint. »
Rappelons qu’une motion a été adoptée à l’Assemblée nationale le 26 février dernier demandant de déposer un projet de loi calquée sur le modèle de la Loi de Clare afin de prévenir de nouveaux féminicides. Une telle loi, déjà existante en Angleterre et en Saskatchewan, permettrait aux femmes d’avoir accès aux antécédents judiciaires des hommes violents.
« Les féminicides ne sont que la pointe de l’iceberg des violences faites aux femmes, le problème est beaucoup plus large et a des racines très profondes, » poursuit Mélanie Pelletier, « c’est pourquoi le conseil central revendique un financement adéquat, stable et prévisible des ressources pour femmes victimes de violence conjugale. »
Il est inacceptable, par exemple, qu’en 2023 la moitié des demandes dans les maisons d’hébergement de 2e étape pour les femmes victimes de violence conjugale aient été refusées faute de place. Pire, à ce jour, le Québec n’a atteint que 30 % des objectifs fixés en 2021 en ce qui concerne la livraison de ce type de maisons d’hébergement. Les programmes de développement de logement social ne sont pas adaptés pour cette tâche. Pour sortir de l’impasse, les organismes concernés revendiquent un programme dédié avec le financement approprié.
Mais ce n’est pas tout, le financement des organismes déjà existants fait du surplace depuis trois ans après un certain rattrapage entre 2020 et 2022. « Refuser de financer adéquatement les ressources, c’est mettre la vie des femmes en danger, » s’insurge Mélanie Pelletier, « le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale estime qu’il faudrait investir au moins 50 M$ pour répondre aux besoins identifiés sur le terrain, ça doit se retrouver dans le prochain budget du Québec ! »
Pour le conseil central, la lutte contre la violence faite aux femmes ne peut se limiter à des commémorations ou à des discours. Elle doit s’incarner dans des politiques publiques courageuses et dans une éducation qui favorise le respect, la diversité et la remise en question des stéréotypes. « On dit souvent que ‘’la prochaine victime est encore en vie’’, il est plus que temps d’agir en conséquence ! Au conseil central, nous allons continuer de faire front contre la violence faite aux femmes et interpeller tous les acteurs politiques afin qu’ils prennent des engagements concrets d’ici aux prochaines élections, » conclut Mélanie Pelletier.

