Des services essentiels aux femmes sont paralysés au centre de femmes aux 3A
Le Syndicat des travailleuses du Centre Femmes aux 3 A de Québec (CSN) dénonce des décisions administratives mettant à risque les services aux femmes. Des craintes importantes pour leur sécurité et la qualité de leurs emplois sont d’ailleurs parmi les raisons principales qui ont mené à la syndicalisation des membres. Malgré des démarches répétées auprès du conseil d’administration, la situation est restée sans réponse. Aujourd’hui, les conséquences sont graves et bien concrètes pour les femmes qui fréquentent le Centre.
Depuis décembre 2025, le milieu de vie est fermé dû à un manque de personnel, notamment dû à des manquements au niveau de la gestion. Ce sont plus de trente heures d’ouverture du milieu de vie et 8 heures d’activités communautaires par semaine qui ont disparu. Des femmes n’ont plus accès à un lieu sécuritaire et chaleureux ni au café, aux collations ou aux rencontres de soutien spontanées qui brisent l’isolement. Le suivi psychosocial est suspendu pour plusieurs femmes, d’autres ont été redirigées vers des organismes déjà surchargés, et des groupes essentiels comme Vivre en paix ne reprendront pas en janvier.
« Quand le milieu de vie ferme, ce n’est pas juste une porte qui se ferme, c’est un filet de sécurité qui disparaît. Des femmes se retrouvent sans soutien, sans suivi, sans endroit où aller, pendant que les travailleuses s’épuisent dans un climat qui aurait pu être corrigé », dénoncent les représentantes du syndicat local.
La réduction des services entraîne aussi des risques sérieux. L’absence de prévention de la judiciarisation et la suspension de l’accompagnement communautaire exposent certaines femmes à des conséquences judiciaires évitables. De plus, la diminution considérable d’intervenantes accentue les enjeux de sécurité pour l’équipe de travail encore en place.
« Un conseil d’administration ne peut pas fermer les yeux pendant que les services s’effondrent et que les travailleuses paient de leur santé. La mission du Centre Femmes aux 3 A est directement compromise », affirme Mélanie Pelletier, vice-présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).
Pour le syndicat, cette situation illustre aussi un problème plus large dans le milieu communautaire, où la pression sur les équipes et le manque de réponses de la gouvernance finissent par frapper de plein fouet les personnes les plus vulnérables.
« Quand on laisse un climat de travail toxique s’installer, ce sont les femmes qui perdent leurs services, leur accompagnement et parfois leur sécurité. C’est inacceptable et ça doit cesser », ajoute Lucie Longchamps, Vice-présidente des secteurs parapublics et privés de la Fédération de la santé et des services sociaux FSSS – (CSN).
Le Syndicat des travailleuses du Centre Femmes aux 3 A de Québec (CSN) exige des actions immédiates du conseil d’administration pour assainir le climat de travail, protéger la santé des travailleuses et rétablir pleinement les services offerts aux femmes.

