Le Réflexe revient en textes et en images sur le congrès du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) qui s’est tenu au Centre des congrès de Québec, du 17 au 21 juin dernier. Une semaine intense de débats et, disons-le, d’émotions. Tour d’horizon des débats, des résolutions et des moments marquants.

Par Nicolas Lefebvre Legault, conseiller à l’information

Des orientations sur les enjeux de l’heure

Le congrès est le lieu pour décider des grandes orientations du conseil central pour les trois années suivantes. « Nos débats ont porté sur les enjeux de l’heure: lutte aux changements climatiques, réforme des lois sur la santé-sécurité au travail, immigration et pénurie de main-d’œuvre », explique Ann Gingras, présidente du conseil central, « après avoir fait le plein d’énergie auprès des militantes et des militants, nous sommes prêts à affronter les défis de la période. »

Crise climatique

Des résolutions ont été adoptées pour appuyer les revendications du mouvement « La Planète s’invite au Parlement ». Le travail à ce sujet, notamment la mobilisation pour la manifestation du 27 septembre, est déjà commencé comme on pourra le constater à la lecture du dossier consacré au sujet un peu plus loin dans ces pages. « Le conseil central va soutenir les syndicats qui lancent des campagnes de sensibilisation et appuyer des initiatives locales impliquant nos membres pour réduire les émissions de carbone et de gaz à effet de serre dans les milieux de travail », précise la présidente.

Santé et sécurité au travail

Les congressistes se sont aussi penchés sur la réforme nécessaire des lois en santé et sécurité au travail. Un panel avec divers intervenants du milieu a permis de dégager un consensus autour des éléments d’une plateforme de revendications. Il faut, en effet, dire que le fait que le ministre du Travail, Jean Boulet, soit un ancien procureur patronal inquiète quant au contenu de la réforme qu’il compte proposer à l’automne. 

« Les congressistes ont voulu réitérer les demandes historiques du conseil central », explique Ann Gingras. « Nous voulons revenir aux principes et aux valeurs qui ont présidé à la création de la loi, élargir sa portée à l’ensemble des milieux de travail, déjudiciariser les processus, redonner le pouvoir au médecin traitant et revenir à un paritarisme responsable et imputable », énumère la présidente du conseil central, « la loi a été adoptée en 1979, il est plus que temps de la moderniser pour s’assurer que les milieux de travail soient sains et sécuritaires pour tous les salarié-es du Québec. »

Immigration et pénurie de main-d’œuvre

« La mission fondamentale des syndicats est d’améliorer les conditions de travail », rappelle Ann Gingras, « ça pose des défis particuliers dans un contexte de pénurie et de rareté de main-d’œuvre, des réalités qui ont des impacts réels sur l’organisation du travail et l’alourdissement des tâches. » Il apparaissait important et opportun aux congressistes de s’en occuper syndicalement pour prendre les devants dans la recherche de solutions. « Nous refusons l’immigration temporaire, jetable après usage, et misons plutôt sur l’intégration. Le conseil central va accompagner les syndicats dans ces dossiers, entre autres en produisant un guide de référence sur l’intégration des personnes immigrantes dans les milieux de travail », annonce Ann Gingras.


Jean Lortie, secrétaire général de la CSN.

Renforcer la vie syndicale

L’un des éléments majeurs du congrès, dans la foulée des débats qui traversent la confédération, fut le dossier de la vie syndicale qui a fait l’objet de présentations, de débats et de propositions concrètes. 

Le sens de la confédération

Jean Lortie, secrétaire général de la CSN, a ouvert le bal avec une présentation fort appréciée sur le sens de la confédération. Que veut dire militer à la CSN ? Qu’est-ce qui différencie les syndicats CSN des autres ? Selon le secrétaire général, c’est l’autonomie et la liberté qui font le syndicat CSN. Ça vient avec des défis, dont celui d’une solidarité concrète, active, nourrie et enrichie avec les autres composantes du mouvement. Et c’est là que le bât blesse, car il ne faut pas confondre autonomie et indépendance. Pour Jean Lortie, on vit le même défi à la CSN que dans le reste de la société avec le repli sur soi et la montée de l’individualisme. 

Jean-Noël Grenier et Roger Valois ont, quant à eux, fait une présentation sur la fierté de militer. Le professeur de l’Université Laval a livré une présentation très énergique construite autour de six raisons pour lesquelles on devrait être fiers de militer syndicalement tandis que le vétéran de la CSN y est allé d’anecdotes personnelles puisées dans sa très longue expérience militante. Selon les deux conférenciers, on peut être fiers de militer syndicalement, principalement parce que c’est comme cela que l’on fait avancer la démocratie et la justice sociale.

Des propositions concrètes

Notre modèle syndical implique une prise en charge des syndicats par leurs membres. Pour rendre cela possible, nous avons la responsabilité collective de bien outiller les militantes et les militants et de les soutenir dans leurs tâches. Les congressistes ont étudié un ensemble de propositions afin de bonifier les services offerts par le conseil central. Parmi les propositions adoptées, notons l’ajout d’une formation sur le support administratif, la création d’un studio de production audiovisuelle dans les locaux du conseil central pour permettre aux syndicats de produire leurs propres vidéos, l’élaboration d’un plan de communication sur l’importance des syndicats, ainsi qu’une grande tournée des syndicats affiliés pour bonifier la vie régionale et le soutien du conseil central.

Invité surprise pour parler d’immigration et d’intégration, Boucar Diouf a livré une prestation des plus appréciées.

Renouvellement de l’équipe

Le conseil syndical peu de temps après son assermentation lors du congrès de 2019.

Le congrès du conseil central fut l’occasion de renouveler l’équipe en procédant à l’élection du conseil syndical et du comité exécutif. Malheureusement, qui dit renouvellement dit aussi départ.

Comité exécutif

Ann Gingras, qui se représentait pour un nouveau mandat, a été réélue à la présidence tout comme Gilles Lamontagne, à la première vice-présidence, Barbara Poirier, à la deuxième vice-présidence et Louis Hamel, à la trésorerie. Finalement, François Proulx-Duperré a été élu secrétaire général. 

Conseil syndical

Le conseil syndical est composé des cinq membres du comité exécutif et des quatorze représentantes ou représentants à la vie régionale (RVR) élus en congrès.

Les représentantes ou représentants à la vie régionale (RVR) sont : Sébastien Collard, RVR-Région métropolitaine de Québec, Emmanuel Deschênes, RVR Région de Charlevoix, Réza Dupuis, RVR-Région administrative de la Capitale-Nationale, Michèle-Anne Gilbert-Bibeau, RVR-Région métropolitaine de Québec, Jean-François Hardy, RVR-Région de Portneuf, Maxime Jobin, RVR-Région de la Côte-du-Sud–Lévis-Lotbinière, Sébastien Jobin, RVR-Région métropolitaine de Québec, Sonya Leboeuf, RVR-Région des Appalaches, Mark Lemieux, RVR-Région administrative de Chaudière-Appalaches, Jean-François Marchand, RVR-Région métropolitaine de Québec, Linda Mercier, RVR-Région de Beauce–Les Etchemins, Mélanie Pelletier, RVR-Région métropolitaine de Québec, Steve Roy, RVR-Région de la Côte-du-Sud–Lévis-Lotbinière, Pascale Sauvageau, RVR-Région métropolitaine de Québec.

Deux nouveaux retraités

Guy Renaud et Yves Fortin, deux vétérans du conseil central prenaient leur retraite après le congrès.

Deux vétérans du conseil central prenaient leur retraite après le congrès. C’est le cas d’Yves Fortin, secrétaire général sortant. Ayant commencé à militer dans son syndicat local en 1976, Yves était le doyen du conseil central. Depuis sa première élection en 1978, quelques courts intermèdes comme conseiller syndical et coopérant international, il a occupé tous les postes au comité exécutif du conseil central, sauf celui de trésorier. Cependant, c’est vraiment comme secrétaire général, depuis 1991, qu’il a fait sa marque. 

Quant à Guy Renaud, conseiller à la mobilisation, il a commencé son implication syndicale en 1980, au Syndicat des employées et employés du Centre hospitalier Saint-Augustin (CSN) dont il a rapidement assumé la présidence. Devenu vice-président régional à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), il est devenu conseiller syndical en 2001. Guy Renaud a passé l’essentiel de sa carrière militante et professionnelle dans la région de Québec. Il aura marqué durablement le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).


Extrait du numéro de septembre 2019 du journal Le Réflexe.